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21 mai 2008 3 21 /05 /mai /2008 15:11


Le numéro 9 de la revue Livraison éditée par Rhinocéros (collectif d'artistes strasbourgeois) en collaboration avec Skol (maison d'artistes autogérée québécoise) a pour thème: « Faire comme si tout allait bien ». Non pas dans le sens cynique où l'on se force à adopter une attitude de mauvais gré, mais au contraire, en acceptant que la crise qui secoue le monde de l'art soit une épreuve prolifique, joyeuse et riche.

Cette collaboration entre Rhinocéros et Skol est née de leur volonté de reprendre ce thème qui se trouvait être celui de la programmation 2006-2007 de Skol. Une manière de célébrer les 20 ans de l'institution en poussant la réflexion, en changeant d'optique. Cette publication n'est pas là pour résoudre des problèmes, fermer des portes, mais au contraire ouvrir des réflexions, amorcer des questionnements: on ne peut répondre à la fragilité de toute forme d'art collectif, on ne peut garantir la place de l'art dans une société obsédée par sa rentabilité.

De nombreux artistes s'interrogent sur l'urbanisme. Parmi eux on peut retenir le travail de Ken Lum qui au travers de ses Rorschach Shopkeeper Works dilue les frontières entre psychanalyse et enseigne commerciale. Ses images structurées avec un effet miroir nous invitent à réévaluer la notion d'identité, de codes. Dans une optique politique, Nicky Middlemiss photographie des affiches électorales vandalisées puis affiche ses clichés un an après sur le lieu même du crime; un texte de Patrick Loubier illustre et et analyse son propos. Jeremy Drummond prend en photo les lotissements péri-urbains de manière aérienne considérant ainsi l'homogénéité ou l'isolement de certaines communautés. Parallèlement Philippe Paret instaure un décalage esthétique en superposant des plans de bâtiments urbains photographiés devant/derrière.

Le thème du « vivre-ensemble » a largement inspiré Warren Nilson qui compare autogestion artistique et gestion des entreprises, ainsi que Lisa Ndejuru, Devora Neumark et Pauline Ngirumpatse qui au travers de leur projet Home beautiful, réfléchissent sur les paramètres d'une vie communautaire comme projet artistique.  

Le monde du travail en tant que lieu artistique est plébiscité par le collectif Au travail/At work et les contraintes vécues par les artistes abordées par Françoise Belu: celle-ci s'interroge sur les difficultés de l'œuvre d'art conçue dans le cadre d'un concours et s'efforce de faire la part entre les paramètres restrictifs imposés à l'artiste, et la force créative qui en naît.

La publication s'interroge également sur l'image telle qu'elle est véhiculée par la signature de l'artiste, dans le travail de Sylvie Cotton, ou telle qu'elle est comprise par le spectateur, dont l'oeil subjectif conditionne la production artistique dans le texte de Stephen Wright.

Enfin « Faire comme si tout allait bien » c'est aussi pousser la démarche jusqu'à l'ironie glaçante des Yes men dont les interventions durant les manifestations des entreprises multinationales révèlent un profond malaise: leur proposition d'utiliser des cadavres comme source de pétrole a remporté un franc succès auprès des délégués des entreprises, jusqu'à ce que la supercherie soit découverte.

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Published by Art and You - dans On apprécie
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