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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 16:15

Du 5 juillet au 23 novembre 2008, la collection Lambert en Avignon présente l'exposition « Où se trouvent les clés? » de l'artiste écossais Douglas Gordon.

A cette occasion, Douglas Gordon transforme le Palais abritant la Collection et la grande Chapelle des Papes en un gigantesque organisme saturnien aux humeurs mélancoliques ; les façades représentent la peau, les salles intérieures les organes, et les couloirs et escaliers les artères.

L'ensemble des corps de bâtiments sont habillés par les pièces de texte que l'artiste invente depuis près de 15 ans : des sentences qui rappellent les maximes antiques, des prophéties messianiques, des tags et d'autres graffitis amoureux des latrines, des empreintes du Diable...

Certaines pièces totalement plongées dans le noir invitent le visiteur à un voyage régressif au sein de la matrice originelle, et l'invitent à vivre un rite de passage cosmique. Des chants de la mère enceinte sont même transposés dans une salle de maïeutique d’un bleu tout matriciel.

L'ensemble de la structure artistique est hantée par les fantômes du docteur Charcot et ses cobayes féminins utilisés pour son étude sur l’hystérie, les rôdeurs des Histoires extraordinaires d’Edgar Poe, la tête d’un condamné à mort fraîchement guillotiné (qui dialogue quelques secondes encore avec le médecin légiste), l’invention hybride de Frankenstein par Mary Shelley, ou encore l’emblématique Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, beau et tragique comme le Faust de Goethe, ultime miroir déformant de Douglas Gordon.

Plusieurs installations vidéo sont réadaptées aux proportions des salles - par exemple la double vidéo reprenant des archives d’un Éloge de la folie où des malades de la Salpêtrière sont en prise à des manifestations d’hystérie. L’hôpital psychiatrique de Montfavet et les 30 années d’incarcération de Camille Claudel sauteront à la mémoire des Avignonnais et de ses admirateurs.

Les thématiques toutes existentielles, propres à l’artiste reprennent une force nouvelle dans cette cité papale habitée par l’esprit chrétien : la révélation de la Vierge à Bernadette Soubirou à Lourdes est confrontée à celle, tragique, du film diabolique de L’Exorciste, alors que dans une salle attenante, les transformations du Doctor Jekill en Mister Hyde seront représentées au ralenti. Idem pour la figure centrale de l’oeuvre de Douglas Gordon 24 Hours Psycho, version dilatée à l’envie du chef d’oeuvre d’Alfred Hitchcock. Elle sera entourée de Blind stars ou de  Selfportrait as you & me, des centaines de photographies de stars inédites, toutes françaises, Arletty, Casares, Bardot, Deneuve, Gabin, Villard, Delon, Belmondo, aux yeux crevés comme ceux d’OEdipe, ou aux orifices, nez, bouche, oreilles, yeux, brûlés comme dans les autodafés plus proches de ceux des fanatiques de l’Inquisition espagnole de Goya que des nazis pour la triste Nuit de cristal…

En conclusion, nous pouvons affirmer que Douglas Gordon invite le visiteur à une visite hallucinée et horrifique, à un cauchemar fantastique où on se demande où se trouvent les clés, clés de Barbe-bleue, clés pour rentrer en soi et échapper à la nuit, à l'ignorance, à la folie...

[Crédits photo : Douglas Gordon, 24 Hours psycho]

 

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Published by Art and You - dans On apprécie
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commentaires

felizdumonde 04/07/2008 00:38

héhé
aujourd'hui proverbe suisse et +5 a volonté
"Quand on sait ce qu'on sait, quand on voit ce qu'on voit, on a raison de penser ce qu'on pense."
boussaaaaaaaaaaaa