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9 juillet 2008 3 09 /07 /juillet /2008 11:30

Dans la continuité de « 5 milliards d'années » (du 14 septembre au 31 décembre 2006), l'équipe curatoriale du  Palais de Tokyo se penche de nouveau sur la notion d'élasticité de l'œuvre d'art avec la session « Superdome » (nom du stade mythique de La Nouvelle-Orléans où se sont tenus d'immenses rassemblements festifs et où les rescapés de l'ouragan Katrina se sont retrouvés). La manifestation regroupe cinq expositions personnelles « oscillant entre spectacle et vanités, décibels et prières, high-tech et chaos », ainsi que deux modules indépendants.

Si le projet est globalement enthousiasmant, trois propositions se révèlent particulièrement décevantes :
> Le module conceptuel de Yann Sérandour réunissant 18 exemplaires du livre Inside the White Cube: The Ideology of the Gallery Space de Brian O'Doherty (réflexion menée en 1978 sur les limites de l'exposition dans des salles aux murs uniformément blancs) dans un coffret en carton posé au sol ;
> Le module situé juste en face, tapissé de papier peint de Lina Jabbour (dessins réalisés avec des stylos aux pointes très fines, et ressemblant à des acariens) et mettant en valeur un matelas noir posé, recouvert de peinture aérosol par Carole Manaranche ;
> Ainsi que Time Between Space de Jonathan Monk regroupant - en parallèle de l'expo tenue dans le bâtiment en face, le musée d'Art moderne de la ville de Paris - trois inscriptions, un extrait vidéo de Retour vers le futur, une acrylique sur toile faisant penser à un David Hockey, un puzzle en métal, un bureau avec une lampe éclairée...

Parmi les très bonnes surprises, figurent AFASIA 1 de l'artiste-ingénieur Arcangelo Sassolino (né en 1967). Dans la lignée des plus belles inventions de SF et des machines imaginées par les Futuristes, cette installation monumentale propulse, de manière détonante, des bouteilles de bières vides à plus de 600 km/h sur une cible via une impressionnante machine à azote comprimé. Au fil de l'exposition, un tapis de verre et de capsules se forme progressivement au sol...

Autre coup de cœur : Würsa (à 18'000 km de la Terre), un éléphant en équilibre sur la trompe, conçu par Daniel Firman (né en 1966). Réalisé en résine polyester et mousse de polyuréthane, puis soigneusement recouvert d'une véritable peau par un taxidermiste, Würsa montre ce qui ne serait réalisable que sur une planète de 2484003,1m de circonférence. L'espace de quelques instants, l'œuvre nous laisse imaginer à quoi ressemble un univers où les règles de la gravitation sont autres...

Déjà remarqué à l'occasion d'un module au Palais de Tokyo, le duo Fabien Giraud et Raphaël Siboni investit un espace plus important une nouvelle installation, Last Manœuvres in the Dark (composée de trois cents casques de Dark Vador en terre cuite émaillée, organisés en formation militaire). Chaque casque est doté d'un système d'intelligence artificielle, est relié via plusieurs ports Ethernet aux autres ainsi qu'à un serveur central et contribue à l'élaboration du tube le plus noir possible...

Enfin, au bout de son parcours, le visiteur est confronté à Dump de Christoph Büchel. Il rentre dans un tunnel en tôle et part à l'aventure sous une montagne de déchets...

[Visuel : Arcangelo Sassolino, Afasia 1, 2007. Courtesy Artiste]


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Published by Art and You - dans On apprécie
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