Que dire de l'expo' ? A la fois du
bien et du mal.En effet, l'on ne peut que défendre cette initiative originale de l'architecte Alain Dominique Gallizia, parce qu'en rupture avec l'exclusion quasi systématique des arts de rue, vis à vis de la scène artistique officielle. En dehors du milieu underground, non autorisé, la célébration d'œuvres venant du ghetto urbain est structurée principalement par les galeristes et conservateurs de musées, à défaut d'une légalité effective en amont, de l'ensemble des réalisations artistiques de la street culture (à fortiori dégagé du rapport au marché de l'Art, également faute de moyens et subventions). Avec ou sans qualité des graffitis, à l'origine, cet état d'esprit réconciliateur peut favoriser l'émergence de nouveaux piliers de l'Art, et ainsi estomper de vieilles rancœurs largement justifiées.
Cependant, la récupération est à craindre. Car à peine entrés dans les Palais de la reconnaissance marchande, la forme et le fond de cette discipline émancipatrice sont d'emblée dénaturés, avec des formats et thème imposés ! Une aberration de principe, totalement absconse, pour ce domaine créatif libre par nature. Pas étonnant que nombre de graffeurs comme Onet aient décliné l'invitation. Lorsqu'ils ne vitupèrent pas, à l'instar de RCF1 contre l'ignorance par exemple d'un Pierre Cornette de Saint Cyr, au Palais de Tokyo, visiblement obnubilé selon lui, exclusivement, par l'ouverture graphique d'A.Warhol et les enfants du pop art. Dans l'oubli du tag à ciel ouvert & à la bombe aérosol.
Par Matthieu Jules
TAG au Grand Palais
Du 27 mars au 26 avril 2009
http://www.grandpalais.fr/

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